Démission et Pôle emploi : démarches et droits au chômage

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Démission et Pôle emploi : démarches et droits au chômage

Démission et Pôle emploi : démarches et droits au chômage

Vous envisagez de quitter votre emploi, mais la question des allocations chômage vous préoccupe ? Il est légitime de se demander si une démission ouvre droit à l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) et quelles sont les démarches à suivre. Cet article vous guide à travers les subtilités de la législation pour une transition sereine.

Peut-on toucher le chômage après une démission ? Le principe et les exceptions

En principe, une démission est considérée comme un acte volontaire de rupture du contrat de travail. De ce fait, elle ne donne pas directement droit aux allocations chômage. C’est une règle fondamentale de l’assurance chômage en France, qui vise à indemniser les personnes ayant perdu leur emploi involontairement.

Cependant, la législation a évolué pour intégrer des situations où la démission, bien que volontaire, est motivée par des raisons jugées légitimes. Ces exceptions permettent aux démissionnaires de prétendre à l’ARE, sous réserve de remplir certaines conditions. Il est crucial de comprendre cette distinction entre une démission “classique” et une démission “légitime” pour anticiper vos droits et préparer votre dossier.

Les cas de démission légitime ouvrant droit au chômage

Pôle emploi (désormais France Travail) reconnaît plusieurs motifs de démission comme légitimes, ouvrant ainsi la possibilité de percevoir des allocations. Voici les situations les plus courantes, souvent liées à des changements de vie personnels ou professionnels incontournables :

  • Suivi de conjoint : Si votre conjoint est muté ou trouve un nouvel emploi nécessitant un déménagement, et que vous quittez votre poste pour le suivre, votre démission peut être légitime. Il faudra justifier du changement de domicile et de la situation professionnelle de votre conjoint.
  • Démission pour un CDI : Si vous démissionnez d’un CDD, d’un contrat d’intérim ou d’un contrat aidé pour accepter un CDI, votre démission est légitime. Il s’agit d’une sécurisation de votre parcours professionnel.
  • Création ou reprise d’entreprise : Depuis la réforme de 2019, si vous démissionnez pour créer ou reprendre une entreprise dont le projet a été validé par un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) et jugé “réel et sérieux”, vous pouvez bénéficier de l’ARE. Ce dispositif vise à soutenir l’entrepreneuriat.
  • Conditions de travail dégradées : Des situations graves comme le non-paiement de salaire, le harcèlement moral ou sexuel, ou un danger avéré pour votre santé et votre sécurité peuvent justifier une démission légitime. Dans ces cas, il est impératif de pouvoir prouver ces faits, par exemple via des courriers, des témoignages ou des avis médicaux.
  • Violences conjugales : Si vous êtes victime de violences conjugales et que vous quittez votre emploi pour déménager et vous protéger, votre démission est considérée comme légitime. Une attestation des services de police ou de gendarmerie sera nécessaire.
  • Démission d’un emploi jeune ou d’un contrat aidé : Pour suivre une formation qualifiante.
  • Démission pendant la période d’essai : Si vous avez démissionné d’un précédent emploi pour en prendre un nouveau, et que vous êtes licencié ou que vous démissionnez de ce nouvel emploi pendant la période d’essai, vous pouvez sous certaines conditions retrouver vos droits.

Pour ces cas, la clé réside dans la capacité à fournir des preuves solides et vérifiables à France Travail. Gardez tous les documents pertinents : attestations employeur, justificatifs de domicile, contrats de travail, certificats médicaux, etc.

La réforme de l’assurance chômage de 2019 : démission et projet professionnel

La loi “Avenir professionnel” de septembre 2018, appliquée depuis novembre 2019, a marqué un tournant important en matière de démission. Elle a introduit la possibilité pour les salariés démissionnaires de bénéficier de l’ARE s’ils ont un projet de reconversion professionnelle ou de création/reprise d’entreprise. Ce dispositif, souvent appelé “démission-reconversion”, est une opportunité majeure pour les seniors désireux de donner un nouvel élan à leur carrière.

Pour en bénéficier, vous devez remplir des critères précis :

  • Ancienneté : Avoir travaillé de manière continue pendant au moins 5 ans (soit 1300 jours travaillés) chez un ou plusieurs employeurs au cours des 60 mois précédant la fin du contrat de travail. Cette condition vise à s’assurer que le salarié a une expérience professionnelle solide.
  • Projet professionnel : Votre projet doit être de reconversion professionnelle nécessitant une formation, ou de création/reprise d’entreprise. Il doit être “réel et sérieux”.
  • Validation du projet : Le projet doit impérativement être validé par une commission paritaire interprofessionnelle régionale, après avoir été accompagné par un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP). Le CEP est un service gratuit qui vous aide à définir et formaliser votre projet.

Le processus est le suivant :

  1. Contacter un CEP : Avant de démissionner, prenez rendez-vous avec un conseiller CEP (disponible via des opérateurs comme l’APEC, Cap emploi, les missions locales, ou des organismes régionaux).
  2. Élaborer votre projet : Avec l’aide du CEP, vous construisez et formalisez votre projet de reconversion ou de création d’entreprise.
  3. Demander la validation : Le CEP vous aide à monter votre dossier de demande d’attestation du caractère réel et sérieux du projet, que vous soumettez à la commission paritaire interprofessionnelle régionale.
  4. Obtenir l’attestation : Si votre projet est validé, vous recevez une attestation. C’est seulement après l’obtention de cette attestation que vous pouvez démissionner.
  5. Inscription à France Travail : Une fois votre démission effective, vous vous inscrivez à France Travail dans les 6 mois suivant l’obtention de l’attestation.

Cette réforme représente une véritable sécurisation des parcours professionnels et encourage la mobilité et l’évolution des carrières, particulièrement pertinente pour les seniors en quête de sens ou de nouvelles opportunités.

Les démarches à effectuer auprès de France Travail après une démission

Que votre démission soit légitime ou qu’elle s’inscrive dans le cadre d’un projet de reconversion validé, les démarches auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi) sont cruciales pour activer vos droits :

  1. Inscription rapide : Dès la fin de votre contrat de travail, inscrivez-vous sur le site de France Travail. L’inscription est une étape préalable indispensable à toute demande d’allocation.
  2. Préparer les documents : Rassemblez tous les justificatifs nécessaires :
    • Attestation employeur (remise par votre ancien employeur).
    • Justificatifs de votre démission légitime (preuves de suivi de conjoint, contrat CDI, attestation de validation du projet de reconversion, etc.).
    • Votre relevé d’identité bancaire (RIB).
    • Une pièce d’identité valide.
  3. Rendez-vous avec un conseiller : Après votre inscription, vous serez convoqué à un entretien avec un conseiller. C’est l’occasion de présenter votre situation, votre projet et de valider vos droits. Soyez précis et clair dans vos explications.

N’oubliez pas que le délai d’inscription est important. Plus vous vous inscrivez tôt, plus vite votre dossier pourra être traité.

Que faire en cas de démission non légitime ?

Si votre démission n’entre dans aucun des cas légitimes reconnus, vous ne pourrez pas prétendre aux allocations chômage immédiatement. Cependant, tout n’est pas perdu. La législation prévoit des mécanismes de réexamen de votre situation :

  • Le réexamen après 121 jours : Après 121 jours (soit environ 4 mois) à compter de votre démission, vous pouvez demander à France Travail de réexaminer votre situation. Pour que cette demande aboutisse, vous devrez prouver que vous avez activement cherché un emploi pendant cette période et/ou que vous avez entrepris des démarches de formation. C’est une période d’attente exigeante, mais elle offre une seconde chance.
  • Retrouver un emploi : Si vous retrouvez un emploi (CDD, intérim, etc.) après votre démission non légitime et que vous travaillez pendant au moins 65 jours (ou 455 heures) et que ce nouvel emploi se termine par une perte involontaire (fin de CDD, licenciement…), vous pourrez alors ouvrir des droits à l’ARE.
  • Formation qualifiante : Engager une formation sérieuse et qualifiante pendant la période d’attente peut démontrer votre volonté de réinsertion professionnelle et appuyer votre demande lors du réexamen.

Il est essentiel de rester proactif et de ne pas se décourager. Chaque démarche effectuée (candidatures, entretiens, formations) est un atout pour prouver votre engagement.

Le calcul des droits au chômage après une démission légitime

Si votre démission est reconnue comme légitime, le calcul de vos droits à l’ARE est identique à celui d’un salarié licencié ou en fin de CDD.

ÉlémentDescription
Montant de l’AREIl est calculé sur la base de vos salaires bruts des 24 ou 36 derniers mois (selon votre âge) précédant la fin de votre contrat de travail. Il correspond généralement à environ 57% de votre ancien salaire journalier de référence (SJR), avec un plancher et un plafond.
Durée d’indemnisationElle est proportionnelle à la durée de votre activité salariée au cours des 24 ou 36 derniers mois. Pour les moins de 53 ans, la durée maximale est de 24 mois (730 jours). Pour les 53 ans et plus, elle peut aller jusqu’à 36 mois (1095 jours).
Délai de carenceUn délai de 7 jours minimum s’applique avant le versement de l’ARE. À cela peut s’ajouter un différé d’indemnisation lié aux indemnités compensatrices de congés payés non pris et, le cas échéant, aux indemnités de rupture supra-légales (très rare en cas de démission).

Pour obtenir une estimation précise de vos droits, le simulateur disponible sur le site de France Travail est un outil précieux.

Les dispositifs complémentaires pour les démissionnaires

Au-delà des allocations chômage, d’autres dispositifs peuvent vous accompagner dans votre transition professionnelle après une démission :

  • Compte Personnel de Formation (CPF) : Le CPF vous permet de financer des formations qualifiantes ou certifiantes pour développer vos compétences ou vous reconvertir. Les droits acquis restent valables même après une démission.
  • Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise (ARCE) : Si vous créez ou reprenez une entreprise et que vous avez droit à l’ARE, vous pouvez demander à percevoir une partie de vos allocations sous forme de capital. C’est une aide précieuse pour lancer votre activité.
  • Accompagnement France Travail : Au-delà de l’indemnisation, France Travail offre un accompagnement personnalisé (ateliers, conseils, accès à des offres d’emploi) pour vous aider à retrouver un emploi ou à concrétiser votre projet professionnel.

Démissionner est une décision majeure. En comprenant bien les règles et les exceptions, vous pouvez anticiper au mieux cette étape et sécuriser votre parcours professionnel. N’hésitez pas à solliciter les conseils des professionnels (CEP, France Travail) pour vous guider.

José PEREZ
José PEREZ

José est un spécialiste des ressources humaines avec plus de 10 ans d'expérience dans le recrutement et la gestion des talents. Diplômée en psychologie du travail, elle a commencé sa carrière dans des agences de recrutement avant de rejoindre des entreprises de renom pour y développer des stratégies RH innovantes …

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