Je me suis posé la question, comme beaucoup d’entre vous
Un jour, j’ai eu 58 ans, et j’ai perdu mon emploi. Ni surprise, ni drame, juste cette sensation étrange d’avoir été mis à l’écart sans bruit. Et tout de suite, une question m’a trotté dans la tête : “Est-ce que je vais devoir chercher activement du travail jusqu’à la retraite ?”
J’ai découvert, comme beaucoup de seniors, qu’on ne pouvait plus simplement « attendre la retraite tranquillement » en étant dispensé de recherche d’emploi. Mais en creusant, j’ai trouvé des nuances, des exceptions, et des solutions. Alors je vous partage tout, sans jargon.
Il fut un temps où la dispense existait
Peut-être avez-vous entendu parler de la dispense de recherche d’emploi (la fameuse DRE). Jusqu’en 2011, elle permettait aux demandeurs d’emploi d’un certain âge, souvent à partir de 58 ans, de ne plus chercher activement de travail tout en continuant à percevoir leurs indemnités chômage.
Mais ce dispositif a été supprimé en janvier 2012. Depuis, plus de nouvelles demandes ne sont acceptées. Seuls ceux qui en bénéficiaient déjà avant cette date ont pu la conserver, jusqu’à leur retraite.
Autant dire que si vous découvrez cette aide aujourd’hui… c’est trop tard. Mais ne partez pas trop vite, il existe d’autres leviers.
Aujourd’hui, le système a changé, mais pas toujours en mal
Depuis la fin de la DRE, tous les demandeurs d’emploi doivent théoriquement chercher activement un travail, quel que soit leur âge. Oui, même à 61 ans. Cela dit, dans la réalité, les choses sont un peu plus souples.
Pôle emploi ne ferme pas les yeux, mais il adapte son accompagnement. À partir de 53 ans, vous entrez déjà dans une catégorie dite « senior ». Le suivi devient plus personnalisé, parfois allégé, en fonction de votre projet, de votre état de santé ou de votre proximité avec la retraite.
Personnellement, je n’ai pas eu à postuler chaque semaine. Mon conseiller a compris que je voulais avant tout préparer ma retraite sans m’épuiser, et on a trouvé un équilibre.
Prolonger ses droits jusqu’à la retraite, c’est possible
Ce que j’ai découvert ensuite m’a redonné un peu d’air. Si vous remplissez certaines conditions, vous pouvez percevoir vos allocations jusqu’à votre retraite à taux plein.
Il faut :
- Être âgé de 62 ans minimum
- Justifier de 12 ans d’affiliation à l’assurance chômage (dont une année continue ou deux années discontinues dans les 5 dernières)
- Avoir cotisé au moins 100 trimestres à l’assurance vieillesse
- Être indemnisé depuis au moins un an
Si vous cochez toutes ces cases, vous entrez dans ce qu’on appelle le maintien des droits jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite à taux plein. C’est une forme de continuité. Ce n’est pas une dispense officielle, mais c’est tout comme.
Et si on ne peut plus ou ne veut plus vraiment chercher ?
C’est une réalité que beaucoup n’osent pas dire tout haut. À un certain âge, retrouver un emploi devient compliqué, voire injuste. La fatigue, la santé, l’usure du corps ou du moral pèsent. Dans ce cas, il y a des solutions, même si elles ne sont pas toujours affichées en vitrine.
Par exemple, il est possible de demander un suivi allégé si vous êtes proche de la retraite ou si vous avez des difficultés particulières. Il faut en parler à votre conseiller. De mon côté, j’ai simplement été honnête, et cela a été entendu.
Aussi, en cas de problèmes de santé, même temporaires, vous pouvez fournir un certificat médical. Cela peut suspendre l’obligation de chercher un emploi pendant un temps.
Il y a d’autres manières d’occuper cette période
Même sans avoir à chercher activement, j’ai voulu rester actif, mais autrement. Certains se tournent vers le bénévolat, d’autres suivent des formations douces, voire préparent leur passage à la retraite via des stages proposés par la CARSAT.
Je me suis même intéressé à la retraite progressive, qui permet de continuer à travailler à temps partiel tout en percevant une partie de sa pension. C’est une transition en douceur, pas toujours connue, mais qui mérite d’être étudiée.
Ce que je vous conseille, vraiment
Ne laissez pas l’administration vous submerger. Posez des questions, même bêtes. Échangez avec votre conseiller, et surtout, n’hésitez pas à expliquer votre situation. Il y a encore de l’humain, si vous savez où frapper.
Et ne vous mettez pas la pression inutilement. À partir de 60 ans, Pôle emploi n’attend pas de vous que vous envoyiez 15 candidatures par semaine. Il attend que vous soyez actif à votre manière, et surtout, que vous restiez en contact.






